En 1907, le premier hélicoptère prenait l'air en France.
Aujourd'hui, le rendez-vous incontournable de l'aviation légère internationale se tient tous les ans à Oshkosh, aux Etats-Unis.


Point d'orgue des célébrations des 100 ans de l'hélicoptère, un raid relie cet été symboliquement Paris à Oshkosh.
Composée de cinq hélicoptères, l'expédition traversera l'Atlantique par l'Islande et le Groënland au cours de la centaine d'heures de vol nécessaires pour réaliser l'aller-retour.

Vivez le raid en direct grâce à la chronique de Thierry Vigoureux, journaliste au Figaro, publiée tous les jours ci-dessous depuis les étapes du parcours.

Mardi 24 Juillet Oshkosh, USA

Arrivée groupée des hélicos à Oshkosh en ouverture du meeting

L'Agusta sous son plus bel angle pour les spectacteurs

Atterrissage face au public

L'Agusta sous son plus bel angle pour les spectacteurs

...suivi de près par l'Ecureuil mono

et par l'Alouette II après l'Ecureuil bi !

Et l'accueil par les organisateurs et les journalistes...

Installation des machines au milieu du public
Photos : copyright Antoine Grondeau 2007. contact : +33 6 70 76 21 96 ou info@foxalpha.com
Diffusion commerciale interdite sans autorisation préalable de l'auteur.
Mardi 24 juillet - dixième jour Fond du Lac (USA) - Oshkosh (USA)
Le grand jour est arrivé.
Midi, départ pour l'aérodrome de Fond du Lac ou les machines attendent patiemment leur heure de gloire.
14h45, mise en route.
La procédure d'arrivée à Oshkosh est très particulière. Compte tenu du nombre d'aéronefs qui s'y rendent, il est totalement interdit de parler à la radio ou d'avoir un transpondeur actif. A l'heure de pointe les machines se suivent à quelques secondes d'intervalle.
Les hélicos décollent de Fond du Lac et rejoignent le point tournant à 20 nm d'Oshkosh à partir duquel ils sont pris en compte par le contrôle aérien.
"French copters, rock your wings" - Les pilotes balancent leurs hélicoptères de droite à gauche pour faire comprendre au contrôleur aérien situé au sol, qu'ils ont bien reçu l'information.
"French copters, enter downwind 36 and listen 121.3". Chaque arrivant sur le meeting se voit attribuer une procédure d'approche sur une des pistes en service. Trois points de couleurs différentes sont peints sur la piste et chaque avion doit se poser sur un point précis : les contrôleurs arrivent ainsi à travailler avec une piste occupée par trois appareils à la fois.

Les hélicoptères sont maintenant en contact avec la tour pour leur arrivée... ils parcourent tout le taxiway devant le public et se mettent en stationnaire, les uns derrière les autres, à mi-piste devant le point central.
Quelques manoeuvres en formation suivies par un salut du public, sont largement largement applaudis par la foule.

Les quatre hélicoptères se posent devant la foule et rejoignent leur place d'honneur à quelques mètres de là.

Mission accomplie : il est temps de profiter du fabuleux meeting d'Oshkosh avant de repartir !!!

Lundi 23 Juillet Timmins, Canada

Tous les équipages s'activent : Renaud fait briller l'Agusta

François fait quelques vérifications techniques

David nettoie la bulle de l'Alouette

Marc fait les checks matinales

L'Agusta en vol...

L'arrivée à Fond du Lac parmi les autres appareils prêts à se rendre à Oshkosh

Heliventure aux Etats-Unis !

Gérard en pleine préparation d'interview

L'Agusta avec François Minard et Pierre Duval aux commandes

Dernier mouvement avant le grand jour...
Photos : copyright Antoine Grondeau 2007. contact : +33 6 70 76 21 96 ou info@foxalpha.com
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Dimanche 22 et Lundi 23 juillet - huitième et neuvième jours Puvirnituq (Canada) - Timmins (Canada) - Sault Sainte Marie (Canada + USA) - Fond du Lac (USA)
Le raid approche de sa destination et les équipages sont plus détendus. Les paysages canadiens sont toujours aussi verdoyants. Les lacs s'enchaînent par dizaines au milieu ds forêts.
Nous passons la nuit à Timmins, aéroport régional où nous sommes accueillis par un équipage de S76 medevac qui avait entendu parler de l'expédition, et par des escadres de moustiques beaucoup moins amicales.
Lundi matin, nous redécollons avec la ferme intention de parcourir les 700 kilomètres restants dans la matinée pour arrivée en début d'après-midi à Oshkosh.
C'était sans compter quelques péripéties douanières qui nous retardent d'une demi-journée... nous nous posons toutefois en fin d'après-midi à Fond du Lac, un aérodrome à 20 nautiques au sud d'Oshkosh qui sert d'escale avant l'arrivée à destination.
Contact pris avec les organisateurs, nous ferons l'ouverture du meeting le mardi en début d'après-midi : nous pouvons donc sereinement nous relaxer et dormir enfin une vraie nuit complète...

Samedi 21 juillet - septième jour Sisimuit (Groenland) - Qiqiktarjuaq - Iqaluit - Puvirnituq (Canada)
Enfin l’Amérique !
HéliVenture change de vitesse.

La dépression qui stationnait sur le Groenland s’étant enfin déplacée, HéliVenture a pu traverser vers le grand Nord canadien et entrer sur le territoire du Nunavut à Qiqiktarjuaq, un aérodrome à piste en gravillons au bord de fjords féériques.
Un ATR 42 combi passager-fret le dessert néanmoins. Lors de l’escale, un Bell venait chercher une équipe de trappeurs embarquant pelles, tentes, nourriture et l’indispensable carabine pour faire face à un ours. Ne pas être armé dans ces contrées peut être considéré comme une infraction.

Après les kits de survie maritime et polaires, les équipages d’HéliVenture ont vérifié le matériel à utiliser en cas d’agression par des animaux. Des systèmes pyrotechniques rouges semblent les plus efficaces et capables de les effrayer. Une bombe lacrymogène est également proposée mais cela suppose que l’ours se trouve à quelques dizaines de centimètres…
Iqualuit, la deuxième étape, semble être une grande ville et surtout un aéroport majeur. C’est là que ces derniers hivers l’Airbus A 380 et le Falcon 7X ont effectué leurs essais par grand froid.
Sur ce terrain, les véhicules de piste n’arrêtent jamais leur moteur l’hiver, sinon ils ne pourraient pas redémarrer.

Air Nunavut nous accueille. Cette compagnie assure les évacuations sanitaires avec un Falcon 10 et des Beech 200. Les passagers sont embarqués au chaud dans le hangar puis l’avion est tracté pour la mise en route.
Avec la météo CAVOK, les hélicos avalent des milles avec cap au sud. Pour l’Alouette, une autre étape d’avitaillement est organisée après Frobisher Bay. L’aérodrome à piste d’un millier de mètres dessert un village de chasseurs et de pêcheurs.
Celui-ci est quasiment vide car les hommes sont partis à la chasse au caribou et stocker de la nourriture pour l’hiver. Le village vit quasiment en autarcie. Seuls sont importés les produits manufacturés et l’alcool qui fait des ravages.

La nuit de samedi à dimanche était prévue à Fond du Lac, l’aérodrome de concentration pour arriver à Oshkosh.
Elle se passe à 2 500 km de là tout au nord du Quebec à Puvirnituq où l’hôtel et le supermarché pour acheter de la nourriture ont été ouverts spécialement.

Samedi 21 Juillet Frobisher Bay, Canada

Bruno au décollage dans la poussière

L'Alouette se déplace vers la pompe

Bruno et Marc sur le Canada

L'Ecureuil bimoteurs de Bruno

Le superbe Agusta de François, toujours prêt à venir chercher les copains égarés

Marc et Bruno

Au décollage à Iqaluit

Gérard David et Michel Fabry au décollage de Frobisher Bay

On a vu des ours !!! Enfin on y croit...

Pascal et David s'approchent en Alouette pour les photos

L'Alouette 1003 de Pascal et David

Séance photo avec l'Alouette 1003

Séance photo avec l'Alouette 1003

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Alouette explore le grand nord...

L'Agusta au sol

L'Agusta au sol

L'Agusta au sol

David de LCI, professionnel en pleine action...
Photos : copyright Antoine Grondeau 2007. contact : +33 6 70 76 21 96 ou info@foxalpha.com
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Jeudi 19 - Vendredi 20 juillet - cinquième et sixième jours Kangerlussuaq - Sisimuit (Groenland)
En deux jours, l’ensemble d’HéliVenture n’a progressé que de 71 nautiques.
Jeudi, un saut de puce de Kangerlussuaq à Sisimuit, de l’aéroport principal au fond d’un fjord d’une centaine de kilomètres à un aérodrome sur la côte ouest du Groenland, a pu être réalisé.

La matinée a été passée en formalités administratives avec l’aviation civile danoise, puis l’Agusta 109 de François Minard a décollé pour rejoindre à Ravba, sur la calotte glaciaire, l’Alouette 2 et lui céder quelques gallons de carburant.
Les deux équipages ont pu sympathiser avec le couple d’Américains qui reste y quatre mois d’affilée pour assurer une permanence météorologique.
Jusqu’en 1988, cette base secrète entrait dans le dispositif stratégique de surveillance de l’URSS. Aujourd’hui les bâtiments sont désaffectés et s’enfoncent dans la glace.
Après un avitaillement à Kangerlussuaq, les deux machines ont rejoint Sisimuit d’où l’Ecureuil de Gérard David et Michel Fabry avait décollé pour Qikiqtarjuaq au Canada à 241 NM de là. Le reste du raid est resté au Groenland, les conditions météorologiques se dégradant dans la soirée.
Vendredi matin, faux départ de Sisimuit. Les machines décollent dans de bonnes conditions, font route vers l’ouest pendant 80 nautiques où le plafond des nuages rejoint la mer. Demi-tour et deuxième nuit à Sisimuit.
Cette capitale de la côte ouest (5 000 habitants) s’avère être une ville coquette du moins par rapport à Kangerlussuaq à l’urbanisme militaire d’une ancienne base de B 52.

A Sisimiut, le port de pêche n’est jamais bloqué par les glaces l’hiver, ce qui en fait le premier lieu de pêche de la crevette du Groenland.
Samedi, la météo devrait être CAVOK sur la zone et même l’ensemble du Canada…

Jeudi 19 Juillet Raven Base (RAVBA), Groenland

L'Alouette II posée au milieu du camp

Pascal et David accueillis par le couple installé à RAVBA

Retrouvailles médiatiques avec l'équipage de l'Alouette

L'Alouette II #1003

David et Olivier, toujours prêts à couvrir l'événement

L'Agusta posé devant l'observatoire américain démantelé depuis la guerre froide

L'Agusta 109 posé à RAVBA

L'Agusta 109 posé à RAVBA

L'Agusta au décollage

François dans son A109

Séance photo avec l'Alouette 1003

Séance photo avec l'Alouette 1003

Séance photo avec l'Alouette 1003

Atterrissage de l'Alouette à Kangerlussuaq

Atterrissage de l'Alouette à Kangerlussuaq

Atterrissage de l'Alouette derrière l'Agusta
Photos : copyright Antoine Grondeau 2007. contact : +33 6 70 76 21 96 ou info@foxalpha.com
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Mardi 17 Juillet - quatrième jour Reykjavik - Kulusuk (suite) - Kangerlussuaq (Groenland)
Mardi en milieu d’après-midi (à l’heure locale de Kulusuk), l’Ecureuil bimoteur de Bruno Lamos et Marc Mongeau est arrivé d’Isafjordur après 3h10 de traversée avec une mauvaise nouvelle : en effectuant la visite prévol de leur Robinson R44, Paul Bossens et Peter Koekelkoren ont découvert une courroie de transmission fendue.
Malgré la présence de trois autres, il n’était pas raisonnable d’envisager de décoller.
L’équipage belge qui avait beaucoup travaillé à l’organisation d’HéliVenture, en réalisant notamment un roadbook très complet, renonce donc à aller à Oshkosh.

L’Alouette II de Pascal Petitgenet et David Dahdi, assez lente avec une vitesse moyenne de 85 nœuds et une quantité limitée de carburant, ne pouvait rallier directement Kulusuk. Aussi avait-il été convenu avec l’équipage qu’il choisisse la route la plus courte vers le Groenland puis de longer la côte vers le sud et Kulusuk.
Dès que l’alarme de bas niveau de carburant (environ quinze minutes avant l’arrêt de la turbine), l’Alouette atterrit sur le plus proche espace disponible.
L’Agusta 109 piloté par François Minard, arrivé la veille à Kulusuk, était déjà en vol à l’heure estimée d’arrivée de Petitgenet pour transférer du carburant. Groenland oblige, le meilleur lieu de rencontre était un glacier au soleil au nord de Kulusuk. Se poser sur un iceberg n’était pas possible, car la brume de mer cachait les glaces flottantes.

Etat des lieux mardi après-midi : les participants d’HéliVenture sont prêts à escalader 3 000 mètres d’altitude pour franchir les sommets du Groenland à la hauteur moyenne des Alpes pour traverser jusqu’à Kangerlussuaq sur la côte ouest. Si la météo le veut bien.
Après analyse des prévisions et des cartes météo, puis consultation d’un prévisionniste locale, cela pourrait passer. La dépression est proche de la route directe mais entre la banquise et la base des nuages, il y a 4 000 pieds sans nuage, annonce, à tort, le spécialiste local.
Cela correspondait, certes, à la situation du matin.
En fait, la météo sur l’icecap est exécrable.
Les deux Ecureuil décollent les premiers. L’altitude de sécurité, aujourd’hui est de 12 000 pieds. C’est celle qui garantit les liaisons radio avec l’organisme de contrôle aérine de Sondestrom sur la côte ouest.
Mais les hélicos peuvent voler plus bas en fonction du relief. La puissance de l’Écureuil bimoteur de Bruno Lamos et Marc Mongeot lui permet d’atteindre une altitude à peu près confortable.
Derrière, Gérard David et Michel Fabry « rament » sur leur monomoteur qui peine à monter tant que la machine ne sera pas allégée en consommant une partie du carburant.
Et la panne dont a déjà été victime TS entre l’Ecosse et les îles Féroé se reproduit : l’alarme de fonctionnement de la génératrice s’allume. Le fonctionnement de la turbine n’est pas en cause mais les « accessoires » comme la radio, l’horizon artificiel, etc. sont off. La sécurité du vol reste assurée mais la situation n’est pas confortable.
Gérard coupe l’interrupteur électrique général puis rebranche ponctuellement pour donner des informations par radio et vérifier les paramètres de la machine. Pour ajouter un peu de stress, le givrage se met de la partie, ce qui réduire considérablement les performances de l’hélicoptère.
Surviennent quelques rafales de neige. « J’ai vraiment eu la trouille », avoue Gérard David, « à un moment nous étions en stationnaire sans monter ».
A Kangerlussuaq, sur l’ancienne base américaine de la guerre froide située au fond d’un fjord de la côte ouest, arrive l’Ecureuil de Bruno Lamos et Marc Mongeau après 3h30 de vol puis l’Agusta 109 de François Minard qui a joué un fabuleux rôle de chien de garde, relayant sans cesse les infos et faisant profiter les autres pilotes de son expérience.
L’Ecureuil monomoteur de l'équipage David/Fabry se pose après 4h55 de vol.

François Minard explique pourquoi l’Alouette 2 de Pascal Petitgenet et David Dahdi ne donne pas de nouvelle. L’équipage a annoncé par radio qu’il ne parvenait pas à monter compte-tenu de la masse de l’hélicoptère. « Cela vibre et je dois utiliser mes genoux pour tenir le manche », explique-il Pascal. Ils décident donc de se poser en sécurité sur un rocher à un millier de mètres d’altitude près du point Masik à environ 80 NM de Kulusuk.
Grâce au relais radio du bimoteur Diamond DA 42 d’Olivier Jouis, ils clôturent le plan de vol.
Les deux baroudeurs passent la nuit sur la banquise au cercle polaire. Parler de nuit est d’ailleurs impropre car il fait jour 24 heures sur 24 à cette époque de l’année.

Pascal et David attendent une fenêtre météo pour prendre une décision : passer le Groenland en direct si les performances de la machine en altitude et la météo le permettent ou faire le long tour par le sud du Groenland.
Mercredi matin, un contact radio établi avec un hélicoptère Lynx embarqué sur une frégate de la marine danoise permet de confirmer qu’ils sont en bonne forme et procèdent à un petit bricolage mécanique avant de remettre en route. Ils ont regagné Kulusuk dans le courant de la journée de mercredi.

Le reste des équipages d’HéliVenture passe la journée de mercredi à attendre à « Kangerlussuaq-plage » sous la pluie, ayant épuisé toutes les ressources gastronomiques locales entre la cantine de l’aéroport et la pizzeria d’en face.

Mercredi 18 Juillet Kulusuk, Groenland

L'Alouette II sur le littoral glacé

Pascal en pleine forme après une longue traversée maritime

Gérard et Michel décollent de Kulusuk devant l'Ecureuil de Bruno et Marc

Raphaël filme l'arrivée de l'Alouette à Kulusuk

Pascal et David dans l'Alouette II

Une vague idée des conditions météo très spéciales de la région...

Atterrissage dans la poussière

Arrivée de François Minard avec l'Agusta

Briefing avant un redécollage immédiat pour Kangerlussuaq

Départ de Bruno Lamos et Marc Mongeau avec le F-GUEP
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Mardi 17 Juillet Isafjordur, Islande

Préparation du vol entre les équipages de l'Alouette et du Robinson

Les machines prêtes au départ à Isafjordur

Briefing météo à la tour

Le parking d'Isafjordur

La poutre de l'Alouette II devant les paysages islandais

Le Robinson 44 à la courroie défaillante...

Paul et Peter dépités de devoir nous laisser en route

Pascal et David parés pour le Groenland !
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Lundi 16 Juillet - troisième jour Reykjavik (Islande) - Kulusuk (Groenland) - 561nm
Le Groenland se mérite vers Kulusuk sur le cercle polaire.
La prévision météorologique, lundi matin au départ de Reykjavik, n’est pas des plus souriantes : une dépression traîne au sud-ouest du Groenland et se déplace vers l’est à 10 nœuds. L’iso 0°C est à 7500 pieds. C’est l’altitude à partir de laquelle le givrage est probable si l’on traverse des zones humides.

Malgré le beau soleil sur l’aéroport de Reykjavik où les hélicoptères voisinent avec les plus beaux jets d’affaires en convoyage vers les bases de leurs clients, il semble urgent d’attendre.
Il est toutefois possible de gagner quelques milles vers l’ouest en transportant la caravane d’HéliVenture à Isafjordur (BIIS) sur la côte nord-ouest de l’Islande. Ce premier vol de 122 NM est un ravissement pour les yeux avec la traversée de l’île au relief volcanique prolongé par des fjords. Seule la végétation reste timide pour ne pas dire inexistante sur ces paysages lunaires.
Niché au fond d’un fjord, l’aérodrome construit sur une digue est desservi par une liaison quotidienne en avion avec Reykjavik.
Pendant que se règlent les formalités de plan de vol sur une route qui n’est pas standard, la stratégie des pilotes d’HéliVenture s’élabore. C’est une des traversées maritimes les plus délicates du raid. Certains appareils comme l’Agusta 109 ou les deux Ecureuil peuvent passer en direct (350 NM), c’est-à-dire s’affranchir d’un arrêt carburant. Sodul, un aérodrome désaffecté, situé un peu au nord de Kulusuk, a l’intérêt de n’être qu’à 235 NM de l’Islande au lieu de 350 et de permettre de remettre dans les réservoirs du carburant emportés en jerrycans. C’est un choix nécessaire pour l’Alouette II et le Robinson 44.
Des rendez-vous sur l’aérodrome (ou sur n’importe quel autre point de la côte) seront fixés, communiqués par téléphone satellite aux ravitailleurs en transmettant la position GPS de l’escale improvisée.

Mais toute cette stratégie de ravitaillement allait être mise à mal peu après par les conditions météorologiques rencontrées sur l’eau. Très vite après le départ de Isafjordur, les pilotes sont confrontés à l’alternative suivante : rester en altitude au soleil et bénéficier de bonnes conditions de vol à vue mais rencontrer du vent contraire ; l’autre choix consiste raser les vagues et slalomer entre les stratus pour progresser vers le Groenland sans vent de face.
Face cette situation délicate, l’Ecureuil bimoteur, l’Alouette II et le R 44 décident de revenir à Isafjordur pour y attendre de meilleures conditions.
Michel Fabry qui vole avec Gérard David sur l’Ecureuil TS, peut décrire les évolutions des baleines, ce qui donne une bonne idée de la hauteur à laquelle vole l’appareil. L’Agusta 109 de François Minard arrive le premier à Kulusuk.

La dernière centaine de milles du vol se déroule dans d’excellentes conditions de vol permettant d’admirer les glaciers tombant dans la mer, les growlers se détachant de la banquise. Les couleurs semblent irréelles : des bleus verts dignes d’un lagon polynésien dans un site aux allures de massif du Mont-Blanc.
Les dix dernières milles vers Kulusuk, en revanche, demandent un peu d’attention car la base des nuages descend à 500 pieds. Cela donne l’impression d’entrer dans un tunnel en frôlant les parois des collines ou des icebergs pour trouver au bout la piste en gravillons de Kulusuk.

Un hôtel à un km de l’aéroport et ses chambres avec vue sur un champ d’icebergs permet d’attendre la suite d’HéliVenture.

Mardi matin, la situation est donc la suivante : deux machines à Kulusuk au Groenland et trois autres à Isafjordur en Islande.
Objectif : réunir tout le monde à Kangerlussuaq sur la côte ouest du Groenland après avoir traversé la banquise qui culmine à 10000 pieds.

Dimanche 15 Juillet - second jour Wick (Ecosse) - Reykjavik (Islande) - 678 nm
Pour l’équipage de tout aéronef qui traverse l’Atlantique, Wick en Ecosse, non loin d’Aberdeen, est l’escale obligée pour une cérémonie très spéciale : la location d’une combinaison de survie étanche suivie d’une séance de gymnastique pour enfiler ce vêtement censé permettre de flotter le temps que des secours arrivent en cas de chute à la mer. La survie en eau froide, inférieure à 5°C dans ces contrées, est, en effet, limitée à quelques minutes sans équipement adéquat. « Nous avons tous l’air de pingouins » commente l’un des pilotes d’HéliVenture, engoncé dans son vêtements après s’être équipé.
Au décollage de Wick, les conditions météorologiques sont bonnes et le resteront pendant l’essentiel de la traversée de 250 milles nautiques vers Vagar, l’unique aéroport des îles Féroé. Les participants signalent toutefois des passages bas temporaires, notamment près de l’arrivée mais l’aérodrome lui-même est clair.
S’agit-il d’un aéroport ou d’un altiport ? La piste en pente, le relief à passer lors de l’approche fait pencher pour la deuxième hypothèse. Mais dans un cas comme dans l’autre, cela ne contrarie guère les hélicoptères.
Leurs équipages, de plus, peuvent admirer la beauté du site, d’un terrain niché au fond d’un fjord avec son village de pêcheurs, son port de plaisance. La pêche, le tourisme, la pisciculture sont les principales activités de ces îles qui sont aussi bases de départ pour les plates-formes pétrolières. Une activité où l’hélicoptère est roi pour la desserte de ces sites.

A l’aéroport, des salles d’embarquement spéciales sont prévues pour les pétroliers qui enfilent aussi la combinaison citée ci-dessus.
Cette deuxième journée restera contre très « électrique » dans les annales d’HéliVenture 2007.
A Wick, l’Alouette 2 de Pascal Petitgenet et David Dahdi (Alouette 2 n° 1003) refusait de démarrer, un relais ayant brûlé. Cela ne désarma pas nos deux compères qui trouvaient le moyen de réparer en moins d’une heure tandis qu’une pièce de rechange leur est envoyée en Islande par transporteur rapide.

A l’arrivée à Vagar, Gérard David qui vole avec Michel Fabry sur l’Ecureuil TS, a du mal à se décoller de son siège tellement il a transpiré…
Une demi-heure après le départ de Wick, l’alarme de défaut de génératrice s’est allumée, montrant que l’énergie électrique n’était plus produite. Heureusement, la turbine tourne toujours sans broncher et n’a pas de raison de s’arrêter, étant indépendante du circuit électrique. Mais Gérard l’a oublié et s’inquiète car les instruments de bord s’éteignent les uns après les autres. La sueur coule à flot quand la pression d’huile chute et que le niveau des réservoirs descend plus vite que prévu. Les ampères étant de plus en plus rares, la radio s’arrête. Heureusement Michel a emporté un appareil portable pour contacter le contrôle aérien de Vagar. Le GPS, lui, fonctionne sur les piles de secours.
A Vagar, par bonheur, Atlantic Airways, la compagnie d’hélicoptères locale emploie un ingénieur électricien qui détecte la panne. Là aussi, c’est une broutille : un boitier dont deux contacts charbonnent, ce qui empêchait la génératrice de produire du courant.
Pour la deuxième partie de la journée, soit 253 NM pour aller à Hornafjordur sur la côte est de l’Islande, des passages nuageux bas ont demandé toute l’attention des équipages volant parfois à une centaine de pieds au-dessus de la mer.

La troisième partie de la journée vers Reykjavik s’est terminée pour la plupart des équipages par un bain, volontaire au Blue Lagoon, cette piscine naturelle d’eau chaude, une des curiosités d’Islande.
Pas de GPS pour y aller, la navigation peut d’ailleurs s’effectuer au pif, les odeurs de soufre servant de guide.
Cerise sur le gâteau, les voilures tournantes se sont posées au plus près du Blue Lagoon en utilisant un des parkings réservés aux autocars.

Samedi 14 Juillet Le Touquet, France

Gérard David et Michel Fabry dans l'Ecureuil monomoteur F-BLTS

Bruno Lamos et Marc Mongeau devant l'Ecureuil bimoteur F-GUEP

Pascal Petitgenet et David Dahdi devant l'Alouette II F-GIJE

Paul Bossens et Peter Koekelkoren devant le Robinson R44 OO-HEY

Briefing météo par Gérard David

Pascal et David prêts pour la traversée de la Manche !
Photos : copyright Joël Girardot 2007. contact : +33 6 07 49 72 35
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Samedi 14 Juillet - premier jour Paris - Wick (Ecosse)
Symboliquement, trois Ecureuil et l’Agusta 109 ont décollé les uns derrière les autres d’Issy-les-Moulineaux, l’héliport de Paris. Un autre appareil permettait d’immortaliser ce départ vers Oshkosh (voir photos ci-dessous).
Un départ au chrono, puisque une interdiction de vol tombait en région parisienne à 10 heures en vue du défilé aérien du 14 juillet.
Lors du passage à la verticale de l’aérodrome de Pontoise, les participants d’HéliVenture ont d’ailleurs pu apercevoir des Gazelle militaires stationnées qui commençaient à mettre en route.

Le vrai rassemblement de l’escadrille d’HéliVenture est intervenu au Touquet.
La météo d’abord maussade s’est vite améliorée avec une visibilité et un plafond ne gênant pas les opérations.
Lors d’un petit déjeuner, le maire du Touquet, M. Léonce Desprez, a reçu les équipages qui lui ont été présentés.
Puis un premier briefing technique a été l’occasion de distribuer le remarquable roadbook réalisé par l’équipage belge du Robinson R44, de rédiger les plans de vol. Cette opération sera répétée 26 fois pendant HéliVenture, à l’occasion des 26 étapes prévues pour avitailler en carburant ou passer la nuit.

Après un avitaillement à Tee Side, les hélicos sont arrivés à Wick avec quelque difficulté lors des derniers milles.
Si le trajet sur l’Angleterre puis l’Ecosse s’est déroulé par beau temps, seul l’aérodrome de Wick était bouché mais restait accessible à une voilure tournante.
Les équipages se sont ensuite répartis dans deux hélicos pour rejoindre l’hôtel de l’autre côté de la presqu’île et se poser sur un terrain de foot à Thurso. Ce fut pour les habitants probablement l’attraction de l’année.

Dimanche, température fraîche de 12°C et vent glacial sur l’aérodrome mais les conditions météo sont bonnes pour gagner Vagar aux îles Feroë.

Samedi 14 Juillet - Départ, 08h00 locales LFPI - Héliport de Paris - Paris, France

Mise en route de 3 Ecureuil et de l'Agusta 109

Décollage de l'Agusta devant les deux Ecureuil

Départ groupé à 4 machines : Agusta 109 et Ecureuils

L'Agusta 109 avec l'équipe de LCI à bord
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